Algérie/ Foncier agricole : La réallocation de la terre aux producteurs | Land Portal | Sécurisation des droits fonciers à travers les données ouvertes

Date: 17 décembre 2018

Source: Elmoudjahid.com

Par: Fouad Irnatene

Les agriculteurs y voient la boîte de Pandore : l’artificialisation des sols ne cesse de grignoter l’espace agricole. Indéfiniment ? A l’évocation du couple «terre agricole-exploitation rationnelle», on semble toucher à l’oxymore.

Les agriculteurs y voient la boîte de Pandore : l’artificialisation des sols ne cesse de grignoter l’espace agricole. Indéfiniment ? A l’évocation du couple «terre agricole-exploitation rationnelle», on semble toucher à l’oxymore. Un rempart ? Experts nationaux et étrangers tiendront mercredi une table ronde à l’Institut national d’agronomie (INA) pour débattre des politiques foncières.  L’assainissement inachevé de ce dossier lourd trouve son explication dans, entre autres, la complexité, au plan juridique notamment, qui caractérise sa gestion et son classement. D’autres questions se posent : les politiques foncières menées jusque-là ont-elles apporté le résultat escompté ? Relevant la nécessité d’une «amélioration régulière de la productivité de la terre», le Pr Ali Daoudi, chef de département économie à l’INA, indique que «l’Etat devrait tant accompagner les exploitants agricoles pour améliorer la productivité que faciliter la réallocation de la terre aux producteurs qui sont en mesure de la valoriser au mieux». Un fonctionnement «transparent et fluide» de ces marchés des droits sur la terre est, enchaîne l’universitaire, «susceptible de jouer un rôle central dans le développement agricole, en permettant une réallocation, qu’elle soit définitive ou temporaire, des terres à des producteurs plus efficaces». Pour un tel objectif, est nécessaire un « environnement institutionnel et économique approprié».  Dans le cas contraire, «la réallocation par les marchés peut être économiquement et socialement sous-optimale». Les politiques foncières engagées depuis le début des années 1980 nécessitent, selon le Pr Daoudi, d’être complétées par une «réflexion sur l’optimisation de la circulation ultérieure des droits ainsi alloués». A ce sujet, Ferhat Ait Ali, économiste, avait, entre autres, préconisé «une politique agricole nationale qui ne se limite pas au foncier, mais s’étend à la promotion et la protection de toute la filière sous contrôle de l’Etat et des services non administratifs, en amont et en aval, dans la transparence la plus totale». C’est parce qu’il a trop duré que sonne l’heure de tout clarifier sur ce sujet du foncier agricole. Le Président de la République, dans un message à l’occasion de la célébration du 44e anniversaire de la création de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), lu en son nom à M’sila par le ministre de l’Agriculture, Abdelkader Bouazghi, ne veut pas d’approximation. «Je n’ai de cesse d’insister pour que le gouvernement place, en application de l’article 19 de la Constitution, le foncier agricole parmi ses priorités, étant une ligne rouge à ne pas transgresser, notamment à travers la sécurisation de sa possession et la récupération du foncier non exploité de manière rationnelle et économique», a-t-il précisé. De son côté, le ministre de l’Agriculture, répondant aux questions des membres de l'Assemblée populaire nationale (APN) lors d'une séance plénière consacrée aux questions orales, indiquait que le dossier du foncier agricole, notamment celui géré dans le cadre des Exploitations agricoles individuelles (EAI) et collectives (EAC), sera «définitivement» assaini au courant de cette année.

 

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