MALI : PROBLÈME FONCIER À YIRIMADIO: COCKTAIL EXPLOSIF QUE LE GOUVERNEMENT DOIT VITE DÉSAMORCER | Land Portal | Sécurisation des droits fonciers à travers les données ouvertes

Date : 09 Mars 2020

Source: bamada.net

Qu’on appelle cela problème foncier ou dépossession foncière, c’est toujours une situation délicate qui provoque des troubles, sinon des drames humains. Les environs de Bamako, anciens villages devenus des quartiers populeux, en sont devenus des théâtres plus ou moins fréquents.

Le cas de Tabacoro n’a pas encore fini de défrayer la chronique. La situation là-bas a même pris une tournure inattendue avec les propos incendiaires proférés par le prêcheur Bandiougou Doumbia, qui a été interpellé pour cela et qui croupit en prison. Le quartier de Yirimadio est en passe d’être le prochain foyer incandescent en la matière. Il l’est d’ailleurs déjà, car les tensions entre certains habitants et les notabilités locales ont quasiment atteint le point de paroxysme. Il y a, en effet, un pesant dialogue de sourds, qui risque de dégénérer en batailles arrangées aux conséquences imprévisibles. La pomme de discorde est un projet de marché à construire, dont le site visé concerne plus de quatre hectares. Mais le hic est que la zone est habitée depuis plus de vingt ans par des citoyens qui ont payé rubis sur ongle leurs parcelles, et qui les ont ensuite construites laborieusement pour y habiter. Et voilà qu’on veut les faire déguerpir incognito, sans procédure légale. Démolir les maisons des gens, qui ont en toute légalité acheté leurs terrains et qui y ont élu domicile depuis tant d’années, est-ce une manière de gouvernance vertueuse? Les familles menacées ont levé de vigoureuses protestations auprès de la chefferie traditionnelle qui leur a vendu les terres selon les conditions qui prévalaient. Elles ont aussi alerté les autorités administratives, notamment la mairie et le gouvernorat, mais la machine infernale semble être irrémédiablement lancée. Or, les gens ne sont pas prêts à se laisser déposséder comme des malpropres. Dans pareils cas, pour circonscrire les colères et éviter les débordements fâcheux, c’est l’État qui doit agir au plus vite; il a, en cette question comme dans d’autres, plusieurs cordes à son arc. Malheureusement, il attend toujours que le cocktail explosif lâche ses laves de volcan pour chercher à désamorcer le jaillissement du feu. Regrettable attitude.

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