Date: 4 février 2018

Source: La Tribune Afrique

Par: Emmanuel Atcha

Les autorités tanzaniennes ont présenté ce vendredi un projet de Système intégré d'information sur la gestion des terres à Dar es Salam qui, à terme, devrait aider à réduire le nombre de conflits fonciers.

Le gouvernement tanzanien tente de prévenir les conflits fonciers que connait le pays en lançant ce vendredi 2 février le projet du Système intégré d'information sur la gestion des terres (ILMIS) dans la capitale Dar es Salam. L'initiative est parrainée par le ministère tanzanien des Terres, du logement et du développement des établissements humains.

Selon Shaban Pazi, directeur des Technologies de l'information et de la communication, rattaché au ministère des Terres, ce système en ligne devrait contribuer à réduire l'insécurité foncière, fournir des services d'administration foncière abordables et fiables au client et réduire les délais de vérification et de mise à jour des transferts de titres fonciers.

«Cette initiative permettra de réduire la corruption associée aux contrôles, à l'enregistrement et au transfert des titres, tout en améliorant la confiance du public dans le système d'administration des biens fonciers», a ajouté le responsable tout en appelant les citoyens à s'approprier cet outil afin d'éviter les litiges fonciers inutiles et les conflits entre individus, familles et communautés autour des terres.

Le nouveau système permettra également aux propriétaires fonciers de sécuriser l'accès à l'information par le biais de leurs ordinateurs et smartphones.

La terre, source de conflits

Compte tenu des fonctionnalités qu'on lui prête, ce système intégré d'information serait d'une grande aide pour les autorités dans la gestion des multiples conflits portant sur le foncier dans le pays. Une situation si grave que le Parlement européen avait exigé en mars 2015 une entière transparence et la reddition des comptes pour tous les contrats et transactions portant sur l'acquisition des terres.

Cette décision du Parlement de l'UE fait suite à la réaction de la communauté internationale qui avait évoqué en 2013 des violations de droits de l'homme en raison de l'opacité entourant l'acquisition de terres sur une vaste échelle, le déplacement de communautés locales et l'impact négatif de cette politique pour la Tanzanie et sa population dans le domaine socio-économique et sur l'environnement.

Pour rappel, le gouvernement tanzanien avait demandé en novembre 2014 à des dizaines de milliers de semi-nomades massaï de quitter le territoire qu'ils occupent pour le céder à des émirs du Golfe afin d'y pratiquer la chasse. Une décision qui avait provoqué l'indignation des populations concernées, au point qu'un camp de touristes avait été incendié dans la région du Kilimandjaro. 

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