Semer les graines du changement en Côte d’Ivoire | Land Portal

Un participant à l’atelier prend une mesure du diamètre à hauteur de la poitrine d’un arbre dans la Réserve Botanique de Divo, Côte d’Ivoire. Photo de Gilberte Koffi/CIFOR-ICRAF.  (CC BY-NC-SA 4.0).

Renforcer les compétences des conservateurs dans la collecte et la propagation des graines des espèces menacées.

Dans un monde où l’équilibre délicat de la nature est menacé, la collecte de graines et les efforts de restauration sont essentiels pour préserver nos écosystèmes et maintenir la biodiversité. Une récente évaluation mondiale des arbres menée par Botanical Gardens Conservation International (BGCI) a révélé que 30 % des espèces d’arbres sont menacées d’extinction, avec au moins 142 espèces d’arbres répertoriées disparues dans la nature. Les principales causes de cette menace comprennent le défrichement des forêts pour les cultures de rentes et de subsistances (la perte d’habitat), l’exploitation directe pour le bois et d’autres produits, ainsi que la pullulation de ravageurs et de maladies invasives.

La perte d’espèces d’arbres constitue une menace majeure pour la biodiversité mondiale, affectant non seulement les plantes mais aussi l’équilibre délicat des écosystèmes. Il est donc crucial que chaque pays fasse le nécessaire pour conserver ses arbres indigènes et menacés afin de réduire ce risque.

En Côte d’Ivoire, selon la base de données GlobalTree Portal qui compile les données d’évaluation mentionnées ci-dessus avec des informations provenant d’autres bases de données du BGCI, il existe 1 062 espèces d’arbres indigènes, dont 18 sont endémiques, et 133 sont menacées d’extinction à l’échelle mondiale. Conscients de ces ses dérives contemporaines, des acteurs locaux et internationaux travaillent à atténuer les menaces pesant sur les espèces d’arbres restantes grâce à diverses initiatives.

Un élément essentiel du puzzle consiste à promouvoir l’utilisation d’espèces d’arbres indigènes et menacées dans les stratégies de restauration. Souvent, des espèces exotiques – et dans certains cas, invasives – sont privilégiées dans de telles stratégies en raison de leur disponibilité et de la richesse comparative de connaissances sur la collecte de leurs graines et leur propagation réussie.

C’est dans ce contexte que, des formateurs du Botanical Gardens Conservation International (BGCI) et Tooro Botanical Gardens (TBG) ont récemment organisé un atelier dans la ville de Divo, visant à fournir aux participants les outils et les connaissances nécessaires pour protéger ces composants cruciaux de l’héritage vert de notre planète. “L’objectif principal était de former les participants aux meilleures pratiques et de favoriser une compréhension approfondie des techniques de collecte et de propagation des graines”, a déclaré Alex Hudson, gestionnaire de projet en conservation des plantes au BGCI.

Participants et formateurs de l’atelier. Photo de Gilberte KOFFI/ CIFOR-ICRAF

Les formateurs ont souligné l’importance d’une planification minutieuse, de la connaissance des espèces ciblées et de la collecte d’informations sur les populations et les périodes optimales pour la collecte de graines. Ils ont mis l’accent sur l’importance de la phase de planification en tant que fondement des efforts de conservation réussis, et la nécessité de prioriser les arbres menacés et de préserver la diversité génétique pour des stocks de propagation robustes.

Les formateurs ont également souligné que le processus de collecte de graines n’est pas sans défis, notamment la nécessité de garantir les droits d’accès avant toute collecte et de remplir des listes de contrôle préalables à la collecte. Les ressources limitées peuvent également entraver une collecte de graines efficace. L’engagement communautaire et la collaboration interdisciplinaire sont essentiels : si les populations locales peuvent surveiller les peuplements semenciers et collecter des graines, cela réduit le besoin de grands groupes de se déplacer régulièrement sur de longues distances à travers le pays. Cela contribuerait à la sensibilisation au niveau locale sur l’importance de protéger et de conserver les espèces natives menacées.

L’atelier a souligné que la restauration n’est pas une aventure solitaire, mais qu’elle repose sur la participation communautaire et l’engagement avec divers intervenants, notamment les praticiens de la conservation, les horticulteurs, les institutions gouvernementales, les botanistes et les scientifiques.

Pour relever les défis de la germination, les participants ont été encouragés à développer des protocoles de propagation éprouvés, garantissant une approche standardisée pour produire un grand nombre de plants nécessaires à une restauration à grande échelle. Cette approche favorise non seulement la croissance réussie des arbres, mais facilite également la diffusion de pratiques de conservation efficaces.

Au cours des sessions pratiques sur le terrain, les participants ont mis à profit leurs connaissances existantes ainsi que celles acquises lors de l’atelier. Ils ont collecté des graines dans la Réserve Botanique de Divo et ont appris de nouvelles méthodes de semis de graines en pépinière comprenant la préparation de lits de germination, le mélange de sol et la construction de pépinière.

Arrosage des graines semées lors de la séance pratique de formation dans une pépinière à Divo, Côte d’Ivoire. Photo de Gilberte KOFFI/ CIFOR-ICRAF

L’atelier a servi de point d’ancrage pour les ivoiriens engagés dans la promotion d’un avenir plus respectueux de l’environnement. De la planification minutieuse à la collaboration interdisciplinaire en passant par l’impératif de protéger et de restaurer les arbres indigènes menacés, les leçons apprises ont semé les graines du changement. L’héritage de cet atelier ne se résume pas à une simple accumulation de connaissances, mais constitue un appel à l’action pour unir nos efforts dans la préservation du précieux patrimoine vert de notre planète.

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Cet atelier est une activité qui s’inscrit dans le cadre du projet “Renforcement de la capacité de restauration des arbres menacés dans les paysages de cacao de la Côte d’Ivoire“, financé par l’Initiative Darwin du Royaume-Uni et dirigé par CIFOR-ICRAF. Avec les partenaires BGCI, CNF et MINEF, le projet vise à renforcer les capacités pour utiliser une large gamme d’arbres indigènes, en particulier les espèces menacées, dans la restauration des paysages de cacao. D’autres activités comprennent un inventaire floristique d’une réserve botanique de 6800 hectares dégradée, le soutien aux pépiniéristes pour élever et stocker une gamme plus large d’arbres, et le développement du marché en sensibilisant à la biodiversité parmi les acteurs du cacao et d’autres acteurs de la restauration.

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